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Développeur web en sous-traitance en Wallonie et Bruxelles

Par Pierre-Arthur Demengel
Sous-traitanceWallonieBruxellesMarché
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Une dirigeante d'agence bruxelloise m'a résumé son problème en une phrase, l'an dernier : son développeur habituel était réservé pour trois mois, et pendant ce temps elle devait dire à ses clients d'attendre ou d'aller voir ailleurs. Ce n'était pas un cas isolé, c'est la situation la plus banale du marché de la communication en Belgique francophone. Il y a beaucoup de bouches à nourrir côté demande, des agences, des graphistes, des consultants, des fiduciaires qui orientent leurs clients, et une offre de développeurs disponibles bien plus étroite qu'on ne le croit. Cet article décrit ce déséquilibre tel que je l'observe depuis l'autre bout de la chaîne, et ce qu'il implique pour une agence qui cherche à tenir ses délais.

La demande de sites est diffuse, elle passe par des prescripteurs

En Wallonie et à Bruxelles, rares sont les entreprises qui cherchent directement un développeur. Elles passent par un intermédiaire de confiance. Le graphiste qui a refait leur logo, l'agence de com qui gère leur communication, la fiduciaire qui les a accompagnées à la création, le guichet d'entreprises qui les a immatriculées. Ces prescripteurs reçoivent la demande de site en premier, souvent au moment où le client vient de lancer son activité. Le problème, c'est que la plupart d'entre eux ne développent pas. Ils dessinent, ils conseillent, ils comptabilisent, mais ils n'ont pas de développeur sous la main. La demande existe donc, elle est même abondante, mais elle est fragmentée entre des dizaines d'acteurs qui butent tous sur le même mur technique.

L'offre de développeurs est structurellement tendue

De l'autre côté, les développeurs compétents et disponibles sont rares, et il y a des raisons de fond à cela. Bruxelles concentre les institutions européennes et un tissu de grandes structures qui absorbent une partie des profils techniques à des conditions qu'une petite agence ne peut pas suivre. À l'est, le Luxembourg aspire les frontaliers du bassin d'Arlon avec des salaires sans commune mesure. Un bon développeur salarié en Belgique francophone a donc l'embarras du choix, et les indépendants sérieux affichent souvent plusieurs semaines d'attente. Pour une agence, cela se traduit par une équation frustrante : la demande de sites est là, la capacité de la satisfaire ne l'est pas, et chaque projet refusé ou repoussé est un client qui risque de partir.

Ce que le déséquilibre coûte réellement à une agence

Le coût le plus visible est la marge perdue sur le projet décliné. Mais ce n'est pas le plus grave. Le vrai coût est la perte du client dans la durée. Un client à qui vous dites non pour un site va le faire faire ailleurs, et l'agence qui prend ce site prend souvent le reste : la prochaine campagne, la prochaine impression, le prochain conseil. Vous n'avez pas perdu un projet, vous avez ouvert une porte à un concurrent capable de tout faire. C'est pour cette raison que la question du développement ne devrait pas être traitée comme un sujet secondaire par une agence de communication, mais comme une question de rétention. J'ai chiffré cette perte dans mon article sur ce que coûte le refus d'un projet web.

L'option transfrontalière, et pourquoi elle est plus fluide qu'on ne le pense

Face à cette tension locale, beaucoup d'agences n'envisagent même pas de travailler avec un développeur établi en France, par crainte de complications administratives ou de barrière de distance. C'est un réflexe compréhensible mais dépassé. Nous sommes dans le marché unique européen, la langue est la même, et la facturation entre une entreprise française et une société belge suit un régime intracommunautaire qui, une fois compris, est plus simple que bien des relations locales. Je facture hors TVA, l'agence belge autoliquide, et l'opération est neutre. J'ai consacré un article entier à ce mécanisme de TVA, parce que c'est le point qui rassure ou qui bloque, et qu'il mérite d'être expliqué proprement plutôt que redouté.

La distance physique, elle, compte de moins en moins pour un projet web. Un site se cadre par écrit, se suit en visioconférence et se valide sur un lien de préproduction. Les agences avec lesquelles je travaille ne m'ont jamais rencontré en personne, et cela n'a jamais été un problème, parce que ce qui fait la qualité d'une collaboration à distance, ce n'est pas la proximité, c'est la clarté du cadre et la régularité des points.

Le bilinguisme, une réalité belge que le développement doit intégrer

Un développeur qui découvre le marché belge sous-estime souvent la question des langues. Un site pour une entreprise bruxelloise ou pour une société qui vise aussi la Flandre n'est pas un site français avec un bouton de traduction. C'est une architecture pensée dès le départ pour deux langues, avec les bonnes balises, une gestion propre des contenus et des adresses distinctes. Cela a un coût réel qu'il faut annoncer au client, et cela change la manière de construire le site. Un prestataire qui prétend ajouter le néerlandais en fin de projet sans surcoût n'a pas compris le sujet. Je traite cette question technique et commerciale dans un article séparé sur le site bilingue, parce qu'elle décide souvent du budget.

Comment une agence belge peut sécuriser sa capacité de développement

Il n'existe pas de solution unique, il existe trois voies, et le bon choix dépend de votre volume. Le tableau suivant les résume tel que je les vois du terrain.

VoieQuand elle a du sensLe vrai frein
Embaucher un développeurVolume élevé et régulier de projetsCoût salarial et rareté du recrutement
Sous-traiter localementBesoin de présence physique fréquenteDisponibilité et délais souvent longs
Sous-traiter en transfrontalierVolume irrégulier, projets pilotables à distanceRéflexe administratif à dépasser

La plupart des agences de taille modeste n'ont pas le volume qui justifie une embauche, et se retrouvent donc à arbitrer entre sous-traitance locale et transfrontalière. La première a l'avantage de la proximité mais souffre de la tension du marché que je décrivais plus haut. La seconde demande de dépasser un a priori, mais elle règle le problème de disponibilité qui est justement celui qui fait perdre des clients.

Ce qu'il faut regarder chez un sous-traitant, et un signal qui doit alerter

Au-delà de la compétence technique, une agence devrait vérifier trois choses avant de confier un client à un développeur : l'existence d'un engagement écrit de non-sollicitation, une réponse rapide et honnête aux briefs, et la capacité à dire non. Ce dernier point surprend, mais c'est le plus fiable. Un prestataire qui accepte tous les projets, à tous les budgets, dans tous les délais, est un prestataire qui livrera mal une partie de ce qu'il promet, et c'est votre nom qui portera le site raté. Un partenaire qui vous dit franchement qu'un budget est incompatible avec l'attente du client vous protège, même si sa réponse est désagréable sur le moment. Je donne une grille complète dans mon article sur comment choisir un développeur freelance en Belgique.

Là où je ne suis pas la bonne réponse

Je travaille en français, à distance, pour une clientèle wallonne et bruxelloise. Si vos projets sont majoritairement néerlandophones avec une clientèle flamande, un partenaire installé en Flandre servira mieux la relation et la langue. Si votre client exige la présence régulière du développeur à ses côtés, ma localisation devient un handicap plutôt qu'un atout. Le dire clairement fait partie du travail, parce qu'une collaboration mal calibrée coûte plus cher qu'un refus honnête. Pour les projets qui entrent dans mon périmètre, en revanche, l'option transfrontalière est souvent la plus simple à mettre en place, et la page qui décrit mon fonctionnement en marque blanche en pose les termes : ma page partenaires agences.

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